Itinéraire

Dehors /
Ce qui m’a formée, au-delà des conditions de vie : milieu social, éducation, culture – ce sont les éléments de la nature – montagne et roches, océan, étendues et vagues, landes. Ce qui pousse. De là, découle ma démarche tout du long. À la racine, il y a ce rapport au mouvementé, au dehors. Enfant, les départs à l’aube, et, lors de marches en montagne, des sensations marquent le corps. La certitude de l’être qui ne fait qu’un – corps, esprit, intuition, monde – Il y a aussi le désir de bâtir. De quelque chose qui s’appuie pour se construire, et ainsi de suite, des strates.
Ces choses primordiales, je les ai retrouvées en abordant la taille directe, bien des années après avoir voulu l’approcher. Entre les deux, j’ai parcouru un chemin et traversé plusieurs disciplines.

Beaux-Arts / 1995-2000
Le mot liberté, sur les marches du perron, m’y fait entrer. D’abord, l’espace, la matière. Sculpture, monumentalité. Autres médiums – vidéo, son, installation, performance. Question de l’exposition et de la place du corps : piétinement devant une « oeuvre » ?? Question de « Il faut nommer pour que ça existe » : oui et non : nuances, contradictions. Question de ce que nous faisons, en tant qu’humain dans cette société – blanche, pays en paix relative, consommation – les enfants que nous asseyons sur les bancs d’école, formés à quoi ? Pour quoi ? Au nom de quoi ? Les femmes ont perdu leur pouvoir de mettre au monde, lorsque l’humanité ne sait plus répondre à ses besoins essentiels. Lorsque les êtres se savent pas toujours où est leur véritable puissance et leur véritable liberté. Ce qui est vaste. Recherche d’une expérience, du présent, d’un rapport viscéral au monde, vibrant et libre. 

 

Nécessité du corps / Danse et écriture / Spectacle vivant (marionnettes) /
Entrer en contact. Recherche de l’autre – Alter ego. Fabrications.
Entre 2005 et 2011. Des marches, des danses dehors, seule. Recherche du sol, de ce qui se trouve à la base : définition des essentiels : boire, manger, habiter, se couvrir, dormir – aimer.
Des danses en public que je nomme : précipités. Les précipités sont des temps d’actions / danse / corps / son, menés en présence d’un public. Le précipité est un processus de cristalisation d’éléments en un moment et lieu donnés. Les éléments sont les évènements vécus et rassemblés les jours précédents : élaboration du déroulé, fabrication d’un habit, d’une bande son – de l’eau, de la terre, du fil, des aiguilles, des réceptacles, masques.
S’ensuit une densité vécue, en public, de présence pure. 

 

 

Taille directe /
Une forme qui cherche son autonomie et son équilibre. Au coeur des choses, relié à quelque chose d’ancien / universel. Une forme qui vient sans image, la liberté de faire venir une forme face à toutes celles qui sont imposées. Faire des gestes, en passer par le corps. Faire l’expérience d’un processus et d’une relation avec la matière dont la forme est résultante.   Lorsqu’elle apparaît, elle me surprend. Mon travail est un désir de communication, de connexion avec le dehors, avec l’âme du monde.  

gouge

Termes et formes de la nature
pilotis, échelles, ponts, jetées, passerelles
couleur rouge
sinuosité, croissance
mouvementé
forces contraires
matière burinée
sol
structures / principes
animalité